Yasmine Ghata, précis de deuil

Yasmine Ghata, précis de deuil

L'intensité caractérise de bout en bout ce livre qui porte l'analyse du soi - dans ses rapports à la mère, au deuil du père et à la littérature - à un niveau de finesse rarement atteint. Son style à mots comptés est moins sensuel et poétique que celui de La Nuit des calligraphes et du Târ de mon père , romans placés sous le signe de l'Orient qui ont révélé la très jeune Yasmine Ghata. Avec Muettes , elle coupe les amarres, elle abandonne ses soutiens, l'histoire de sa grand-mère, le conte oriental, les activités artistiques - la musique ou la calligraphie - qui lui permettaient de prêter à des personnages sentiments et affects. Ici c'est une petite fille, ayant perdu, comme elle, son père à l'âge de 6 ans, qui lutte avec ses souvenirs les plus douloureux pour assembler avec finesse et précision des mots générateurs d'images fortes et inattendues, comme cette description de la mère éteignant sa machine à écrire : « Elle en fermait le couvercle comme on ferme les paupières du défu ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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