Y aller ou pas ?

Y aller ou pas ?

Visiter les sites de massacre ne sert que si l'on en connaît l'histoire, faute de quoi la tragédie tourne au spectacle.

Lorsqu'en 1984 Pierre Nora publie le premier volume d'un vaste ensemble historiographique qu'il intitule Les Lieux de mémoire, il entend par « lieu » ce qui cristallise la mémoire comme souvenir collectif, du lieu physique au lieu symbolique, des funérailles de Victor Hugo au Tour de la France par deux enfants, l'ouvrage de G. Bruno paru en 1877 : la mémoire ne vit pas si elle ne cristallise pas sur un objet donné.

À l'exception d'Auschwitz-Birkenau, il reste peu de choses des lieux de la destruction des Juifs d'Europe, et c'est parce qu'il n'en reste rien qu'il faut faire de ces sites de mort des « lieux de mémoire ». À Treblinka, où près de 900 000 Juifs ont été assassinés, des pierres ont été dressées qui symbolisent les communautés juives détruites. Il en va de même des autres lieux de désastre collectif : au Rwanda, le régime qui est venu à bout du génocide a fait, à raison, des principaux sites de massacre des lieux de mémoire. A contrario, l ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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