Welcome in Paris

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La rive gauche bohème de l'entre-deux-guerres a aimantéle gotha de la littérature américaine.

« La guerre, seule hygiène du monde », prophétisait l'Italien Marinetti en 1909 dans son Manifeste du futurisme. De quoi la Der des Ders a-t-elle lavé ces jeunes Américains blessés et sans le sou, auteurs des plus fameux romans de leur époque ? De leurs passions tristes ? De leurs illusions en guenilles ? Personne ne sait au juste si cette « génération perdue » le fut au sens de « désorientée » ou d'« abandonnée ». De toute évidence, il s'agissait de répondre à la terreur et au néant, il s'agissait de trouver « autre chose » : une impulsion à défaut d'un cap. « Vous êtes une génération perdue », soupire Gertrude Stein. L'avenir est une farce, l'espoir un chiffon rouge : écrire est l'ultime combat qui vaille. Car, oui, l'Amérique a vaincu, mais trop de boue, trop de sang, trop d'horreurs : le socle moral est fendillé, les valeurs anciennes n'ont plus cours. « Tout se disloque, écrit W. B. Yeats en 1919. Le centre ne peut tenir. L'anarchie se déchaîne sur le monde. » Si ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.