Warhol et Capote

Warhol et Capote

« J'admire ceux qui savent se servir des mots, a déclaré Andy Warhol dans sa Philosophie . Et je trouvais que Truman Capote occupait si merveilleusement l'espace avec des mots qu'à peine arrivé à New York je me suis mis à lui envoyer de brèves lettres d'admiration et à l'appeler au téléphone tous les jours jusqu'à ce que sa mère m'enjoigne d'en rester là. » Fasciné par l'auteur de « Miriam » , Andy Warhol s'inspira en 1952 d'une sélection de nouvelles pour des dessins « Andy Warhol : Quinze dessins d'après les écrits de Truman Capote ». Après bien des efforts, il réussit à approcher son idole ; en 1973, ainsi, il réalise un entretien fleuve avec lui pour le magazine Rolling Stone 4 , où il retranscrit intégralement tout ce qu'il fait et dit avec son invité sans jamais parler de ses livres... Les deux hommes en vinrent même à travailler ensemble dans Interview , le magazine d'Andy Warhol. Ce dont témoigne le journaliste Bob Colacello, qui y collabora de 1970 à 1983 5 .

Gérard-Georges Lemaire

Andy Warhol voulait être Truman. Mais Truman était terrifié par ce fan fanatique qui lui écrivait des billets couverts de petites aquarelles de papillons et d'anges. "Joyeux lundi", "joyeux mardi", "joyeux mercredi", "joyeux jeudi", "joyeux vendredi". Andy les déposait chez la mère de Truman, et il faisait le pied de grue devant l'immeuble, espérant tomber sur Truman. On comprend que Truman en ait été terrifié. Si Andy n'était pas devenu célèbre, je l'aurais bien vu en chasseur d'autographes à Broadway.

Andy et Truman avaient beaucoup de points communs. À mon avis, c'étaient tous les deux des génies. Les gens aussi sensibles, aussi brillants, ont souvent tendance à se laisser aller à des puérilités. Ils ont tendance à conserver, dans une large mesure, des qualités enfantines. Ils entrent dans une pièce et remarquent la seule chose qu'ils sont censés ne pas remarquer, et voilà pourquoi ils s'attirent des ennuis. Les génies sont des sales mômes. De sacrées terreurs. Affreu ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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