Voiture 13, place 64

Voiture 13, place 64

Après la mort de son fils détruit par le sida, Michel Luneau avait foré la banquise de sa douleur pour y verser le grain des mots. Ce fut Gabriel, archange éd. Flammarion, 1996, roman du refus du scandale qu'est la mort d'un enfant et du consentement à ce que Gabriel avait fait de ses moins de trente ans. Un livre premier, pour faire barrage au déferlement du néant, opposer la tendresse à l'insaisissable violence de l'absence, fixer les couleurs des rires et des colères aussi, et briser seul, à coeur nu, les murs de silences hostiles que l'un et l'autre avaient érigés, soigneusement père et fils, butés, oublieux, parce que c'était la vie, que la vie justement sème à l'aveugle son lot de basses crasses et d'impossibles retours. Voiture 13, place 64 reprend le mors de cette souffrance. Mais on ne saurait parler d'une suite. Ce roman est celui de la continuité et de la modification, celui de l'enfantement du deuil.

Tout commence dans la parent ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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