Vitalités de l'exténué

Vitalités de l'exténué

Trois romans de la rentrée excellent à restituer des intériorités épuisées, effondrées, enragées, leurs égarements et leurs illuminations.

Le vieux marathonien que je suis connaît bien les ris-ques de l'épuisement. Ce sera le mot du mois. Trois romans de cette rentrée, bien épais, 494, 468 et 490 pages respectivement, permettent d'explorer la quête identitaire et le chemin de soi.

Karine Tuil réussit à faire de l'éreintement des stéréotypes une vertu littéraire. L'Invention de nos vies est une version postmoderne du roman d'Henri-Pierre Roché Jules et Jim, adapté par Truffaut, qu'auraient atomisé l'idéologie du marché et son dégât collatéral, l'égoïsme forcené. Mais ici, dans la course à la vie ratée de trois amis d'université, l'amour - supplanté par la génitalité, la dépression ou le mépris - n'interviendra jamais qu'en deuxième intention. Il arrive ainsi à Nina, à la plastique parfaite - « Tant de beauté, ça encage » -, accessoirement mannequin de bottins publicitaires pour la grande distribution, de se plaire « dans le rôle de la prédatrice qui saisit/broie/achève... pleinement consciente d ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon