Visions de l'Apocalypse

Visions de l'Apocalypse

Après l'exaltation militariste qui marque ses récits de la Grande Guerre, Jünger, confronté aux atrocités nazies, saura prendre le recul de l'observateur. Il faut concevoir ses écrits de guerre comme une oeuvre en perpétuel chantier.

La réputation d'Ernst Jünger s'est d'abord bâtie sur une image d'écrivain nationaliste et guerrier. C'est elle qui exaspère une coterie bien-pensante d'intellectuels allemands qui aimeraient exclure de l'histoire de leur pays une part de leur passé malheureusement fort réelle et que ses victimes étrangères ne sont guère près d'oublier. C'est elle aussi, en France, qui suscita l'enthousiasme d'André Gide qui écrivait dans son journal en 1942 : « Le livre d'Ernst Jünger sur la guerre de 14, Orages d'acier , est incontestablement le plus beau livre de guerre que j'aie lu » 1. Pourtant, même si Jünger s'est toujours refusé à condamner par la suite le jeune officier héroïque qu'il avait été, quelle différence entre sa vision de la Première Guerre mondiale et ses journaux de 1939-1945 qui, confrontés aux atrocités nazies, prennent le deuil de l'enthousiasme d'autrefois ! « Quand on a connu des cas individuels et qu'on soupçonne le nombre de crimes qui s'accomplissent da ...

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