Virginie Despentes : « Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi bien, ma vie »

Virginie Despentes : « Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi bien, ma vie »

Sans jamais abdiquer sa furia punk originelle, l'ex-enfant terrible des lettres françaises est devenue une romancière unanimement respectée et une essayiste abondamment commentée. Nous l'avons rencontrée alors que paraît le premier tome de Vernon Subutex, portrait syncopé des désarrois français.

Emmenant ses personnages dans des errances trash et ferventes, Virginie Despentes les soumet dans tous ses romans à une insatiable quête d'eux-mêmes. De Baise-moi (1994) à Apocalypse Bébé (2010), elle les fait se cogner au monde, inventant avec une verve démoniaque des héroïnes ivres de liberté, sombres et déchirées. Dans le premier tome de Vernon Subutex – le deuxième sortira en mars –, elle élargit encore la focale avec les errances de son personnage principal, Vernon, ex-disquaire devenu SDF : au fil des diverses solutions d'hébergement qu'il trouve, apparaît une vue en coupe de la France. Grâce à un montage nerveux, elle met à nu des existences écorchées et nous montre que les victimes ne sont pas forcément celles que l'on croit. Dans cette peinture d'une France qui dégringole dans la haine et la précarité, Virginie Despentes touche au sommet de son art.

Comme Apocalypse Bébé, Vernon Subutex part d'une intrigue policière pour nous mener à la rencontre d'une foule de personnages très divers. Comment en êtes-vous venue à écrire ces romans foules ?

VIRGINIE DESPENTES. Avec Apocalypse Bébé, je voulais écrire un polar, puis c'est devenu autre chose. Aujourd'hui je continue à voir des gens que je connais depuis très longtemps, mais je rencontre aussi d'autres gens. Quand je suis arrivée à Paris, il y a vingt ans, les habitants du quartier de Saint-Germain me semblaient très loin de moi. Maintenant je les connais, mais je n'ai pas perdu contact avec des personnes qui sont de culture pour le moins différente… C'est ce dont je me sers pour Vernon. J'ai eu l'impression de fabriquer un nid, en ramenant des petits aperçus de droite et de gauche, des choses observées ou entendues dans des conversations.

Vos personnages ne sont pas des types sociologiques ?

Non. Le roman sociologique m'intéresse, mais ce n'est pas ce que j'essaie de faire. Mes personnages sont ancrés, mais ne prétendent pas dire la vérité sur un milieu, un âge, une catégorie. C'est l'assemblage qui finit par donner l'impression d'un instantané de Paris, comme quand on prend une ligne de métro de bout en bout. La 4, par exemple, me plaît, qui passe par des quartiers très contrastés.

Quels avantages vous offre la trame policière ? Et quels rapports entretenez-vous avec le polar, avec lequel flirtent nombre de vos romans ?

Avec Apocalypse Bébé, j'ai finalement échoué à écrire un vrai polar : je me suis trop écartée des règles du genre. Et je n'avais pas envie que ça commence par un mort. Mais j'adore les polars. Millénium m'a enchantée, et Roberto Bolaño, par exemple, est la lecture qui m'a le plus marquée ces dix dernières années. Et il y a Ellroy : je le lis toujours, mais le cinéma et les séries ont tellement emprunté au polar des années 1980-1990 qu'Ellroy est devenu presque mainstream. Les séries, comme True Detective et plein d'autres, sont allées bien plus loin tout en s'inspirant de son ton.

Vous faites revenir des personnages d'un roman à l'autre, comme la Hyène, pourrisseuse de réputation sur le Net…

Oui, et cela me fait tiquer quand j'entends les auteurs dire que ce sont les personnages qui mènent la danse. Moi, ils ne m'emmènent jamais nulle part, mes personnages, ils me laissent faire tout le boulot ! Mais c'est vrai, à force de les visualiser, de les écouter, ils deviennent un peu comme des gens de notre répertoire. On prendrait presque de leurs nouvelles. Il y a peu de temps, à Barcelone, après avoir écrit Apocalypse Bébé, en passant dans une rue, j'ai eu l'impression de me souvenir d'une scène où l'héroïne cherche un hôtel. J'avais l'impression de l'avoir vécue – c'était comme un faux souvenir.

Vernon Subutex est un ancien disquaire. Il perd successivement son amour, son magasin, son meilleur ami, son RMI et son appartement. Une trajectoire emblématique de gens nés dans les années 1960-1970 qui ont travaillé dans la culture ?

Vernon est un looser, mais l'époque est très dure pour les gens de notre âge. Ils ont vécu un truc super avec le rock, mais se retrouvent à 50 ans sans emploi fixe – et peu de chances de toucher une retraite un jour… Vernon est issu de plein de sources. J'ai vu beaucoup de gens autour de moi frôler cette précarité, des gens qui ont toujours travaillé et se retrouvent sans rien. Mon long séjour en Espagne m'a aussi influencée : ces gens qui ont payé des loyers toute leur vie et qui, à 70 ans, se font virer de chez eux. Pour la première fois, j'ai vu des manifestations de personnes âgées expulsées. J'ai aussi rencontré un SDF, qui vivait en bas de chez moi, à Paris, qui disait avoir travaillé toute sa vie, jusqu'à 50 ans, et il se retrouvait à la rue, même pas à cause d'un enchaînement tragique. À part les gens qui héritent d'un patrimoine, l'idée qu'on pourrait ne plus avoir d'appartement et tout perdre après une vie bien intégrée est devenue possible. Ça me paraît neuf.

Tous vos personnages semblent pris dans une spirale d'échec, à quelques exceptions près…

Kiko, le trader, s'en sort bien, mais il est très jeune, 20-30 ans, et on ne sait pas ce qu'il va devenir. Jusqu'aux années 2000, il existait en France une vraie classe moyenne. Mais la crise est globale, elle ne concerne plus seulement les plus pauvres, mais elle concerne toute une classe moyenne qui travaille, qui avait pris l'habitude, après guerre, d'un certain confort.

Curieusement, Vernon se retrouve SDF, mais il paraît moins souffrir que certains de ceux qui l'hébergent.

Vernon est un peu immature, il ne s'est jamais pris pour un héros de son aventure. C'est quelqu'un qui boit des bières, pense aux filles et ne se prend pas au sérieux. Il y a cela dans le rock. On peut trouver ça désespérant ou touchant, mais il y a quelque chose de doux là-dedans, une souplesse. Ça permet de prendre des coups sans avoir l'impression d'être humilié. Alors qu'un personnage comme Sélim, qui a valorisé l'effort intellectuel, qui a réussi à devenir professeur d'université, ressent plus de souffrance. Les intellectuels précaires, ce n'est pas une légende : à quoi sert, dans ce monde, un prof de fac, un journaliste littéraire ? Le statut de l'intellectuel est effectivement dévalué. À l'heure des Chtis à Miami, Schopenhauer, les gens n'en ont plus l'usage.

Vous montrez aussi comment les idées d'extrême droite peuvent contaminer des gens qui paraissaient immunisés par leur marxisme, leur engagement dans la contre-culture.

Oui, cette dérive est perceptible jusque dans le rock. J'ai travaillé dans un magasin de disques à la fin des années 1980-début 1990, et je me demande parfois ce qu'ont pu devenir vingt-cinq ans plus tard les gens qui venaient chez nous. Pendant l'affaire Dieudonné, j'ai été surprise du nombre de gens que je connais qui étaient abonnés à sa chaîne. Des gens que je connais depuis longtemps sont partis dans ce genre de dérive pour des raisons différentes. Les antisémites n'ont pas les mêmes motivations que les déçus de la gauche, qui ont d'autres convictions que les anti-musulmans, etc., mais il y a une convergence. Ce qui me rassure, c'est que ça ne devrait pas tenir très longtemps, ces alliances sont trop mutantes ! Les chrétiens intégristes, des sionistes, des Blacks, des muslims hard core, tous d'accord pour défiler contre le mariage gay autour de Marine… D'accord mais bonne chance à eux pour s'entendre ! Chaque pays a ses fixations… Quand je suis revenue en France, après trois ans à l'étranger, les médias du pays étaient en pleine névrose anti-Roms… On avait l'impression que le pays était pris d'assaut. Au même moment, en Espagne, il y avait au moins autant de Roms qu'ici, mais ça n'était pas un sujet. Jamais. Les Espagnols étaient fixés sur la crise économique. Et sur leurs questions d'autonomie, bien sûr… Ce sont des décisions de lecture. C'était étonnant de rentrer et de se prendre deux heures d'Élisabeth Lévy sur le service public le vendredi, suivies de quatre heures de Zemmour le lendemain sur le même service public – les deux sans contradicteur valable… On n'a pas embauché un Pierre Marcelle pour équilibrer les débats. C'est ce qui est difficile à comprendre : pourquoi les producteurs de l'entertainment ont décidé d'orienter la propagande à droite toute.

Parmi les rares personnages à échapper à cette loi du malheur, on trouve Marcia et Deb, deux transsexuels. S'agit-il de contrer les représentations pathologisantes de la transsexualité ?

Ça me plaisait de donner une image positive des trans, qui sont assez peu représentés dans les romans mainstream et, c'est vrai, volontiers pathologisés. Dans les faits, changer de sexe est une aventure plus complexe, mais je fais ce que je veux dans mes romans et j'en ai profité pour dire : c'est lumineux, c'est une opportunité géniale… Allez vous faire foutre les anti-gays et compagnie. On va aller encore plus loin que ce que vous imaginez. On va vivre des vies qui nous plaisent, votre famille traditionnelle est une connerie.

Votre écriture donne l'impression d'une grande spontanéité, mais apparaît aussi très sophistiquée. Comment travaillez-vous ?

J'écris d'un jet, et je relis beaucoup. Comme dans le montage d'un film, tu mets toutes les scènes côte à côte et c'est l'« ours » et tu travailles à partir de ce matériel. Au début, c'est illisible, et ça me donne envie de mourir, mais après ça s'articule. Je déplace, j'inverse, cherche où commence la scène, à quel moment le plan s'essouffle… Dans ce livre, les chapitres sont conçus comme des épisodes de série. D'ailleurs, écrire un deuxième tome de Vernon Subutex – il y en aura peut-être un troisième –, c'est comme construire une nouvelle saison.

Pensez-vous que les séries télévisées ont une influence sur l'écriture ?

Bien sûr. Selon les époques, on sent que le roman a été influencé par le théâtre ou l'opéra, puis le cinéma, puis la télé, puis Internet. Maintenant, ce sont les séries qui affectent l'écriture. Le premier qui s'en est emparé, c'est Philippe Djian, avec Doggy Bag – peut-être trop tôt. Je pense que les séries nous feront perdre plus de lecteurs que le cinéma, parce qu'elles prennent beaucoup de temps et remplissent la fonction de la narration. Rien ne m'avait empêchée de lire énormément avant les séries In the Flesh, Utopia, The Leftovers ou 2 Broke Girls, série débile mais géniale. Chabrol a raconté la France du XXe siècle, d'accord, mais le Balzac du XXIe, ce sera un auteur de série, genre The Wire.

Dans King Kong théorie, vous écrivez que le punk, « ça ne prépare pas trop au monde », mais que « c'est une bonne grille de lecture ». Qu'est-ce qu'une grille de lecture punk ?

C'est ne pas imaginer qu'on va être le héros de sa propre vie. Pas au sens d'être un antihéros cynique, mais au sens de « Lâche l'affaire, ça ne marchera pas ». Le mot d'ordre serait No Bullshit ! Voir qu'on se moque de nous, que ce qu'on nous présente comme un modèle de vie, une bonne morale, est bon à jeter. Tu peux faire de ton mieux, mais au mieux t'auras de belles bottes, et c'est tout.

« Nous sommes formatés pour éviter le contact avec nos propres sauvageries. » Vos personnages, le plus souvent, renouent avec cette sauvagerie…

Je ne crois pas au refoulement. Je ne peux pas donner des leçons de vie, ayant la vie que j'ai eue, mais je crois que le refoulement ne produit que des catastrophes. C'est compliqué de reconnaître qui on est, ce qu'on désire vraiment. C'est presque le boulot d'une vie. En ce moment, j'écoute Leonard Cohen : lui, à 80 ans, il a fait ce travail, et c'est assez rare. Comme Mauriac, que j'aime beaucoup lire et qui cherche un compromis entre la censure et la vérité. Quand les gens se déconnectent de ce qu'ils veulent, cela produit des catastrophes individuelles et collectives. Notre société est là-dedans. L'extrême droite, le problème n'est pas que c'est immoral, c'est morbide. Donc oui, dans l'écriture j'essaie de reconnecter quelque chose. N'ayant pas l'âge de Leonard Cohen, je n'ai pas encore tout compris, mais je continue à chercher.

La Gloria de Bye Bye Blondie est un bel exemple de cette sauvagerie. Et elle finit par trouver une certaine lumière ?

Oui, Gloria est connectée avec sa rage. Elle reconnaît quelque chose qui est très peu reconnu par les femmes, parce qu'on demande aux petites filles de taire leur agressivité. Elles ont 2 ans, et il faudrait déjà qu'elles se calment ! En fait Gloria est en suspens - comme un autoportrait. Chacun de mes livres s'écrit en fonction des doutes, des espoirs du moment.

On vous a accusée de misandrie. Pourtant, dans King Kong théorie, vous montrez que les hommes sont eux aussi prisonniers de concepts imposés qui encadrent leur sexualité. D'où vient cette réputation ?

C'est arrivé avec Baise-moi, le film, je crois. Avec Coralie, nous n'avions pas le projet conscient de faire peur aux mecs, mais ça a déclenché une vraie panique. Du côté des femmes, c'est un peu l'inquiétude du mouton noir : on ne comprend pas pourquoi je n'adore pas les hommes. Pourtant je n'ai pas de contentieux à régler avec eux - et encore moins maintenant que je ne couche plus avec ! J'ai tellement été influencée par des cultures de mecs que non seulement je ne suis pas misandre, mais je me suis identifiée à des figures masculines très fortes sans me rendre compte que je n'en avais pas le droit ! Dans la vie de tous les jours, j'ai des problèmes avec tout le monde, pas seulement avec les hommes… Mais si je devais écrire un texte misandre, ce serait beaucoup plus violent que tout ce que j'ai écrit. Il y a de la matière avec ce qu'on subit d'injonctions négatives et d'agressivité en raison de notre sexe.

Vous avez adapté deux de vos livres au cinéma, en changeant certaines scènes. Une façon de corriger le tir ?

C'est au cas pas cas… Par exemple, la scène de l'enfant qui meurt dans le bouquin Baise-moi n'est pas dans le film : on ne se voyait pas demander à un de nos amis de nous confier son enfant pour lui faire tourner cela ! La scène de la boîte échangiste, elle, a été ajoutée. Mais réaliser les films tirés de mes livres n'était pas ma demande première. J'aurais préféré écrire des scénarios originaux, mais ça n'a pas encore marché alors que les adaptations, oui… Cela dit, passer d'une histoire hétéro à une histoire lesbienne pour Bye Bye Blondie était très intéressant.

Vous écrivez que, si Houellebecq avait été une femme et si, en tant que femme, il avait dit des hommes ce que lui dit des femmes, on aurait été très violent avec lui…

Je n'ai rien contre Houellebecq, je le lis avec un grand intérêt, surtout sa poésie. Mais on ne supporterait pas un tel discours sur les hommes venant d'une femme. Un homme a toute latitude pour décrire son goût - et son dégoût des femmes. Alors que, dans les romans féminins, les femmes ne disent que leur amour des hommes, jamais « Quelle bande de gros tocards ! ». Mais je crois qu'Internet change la donne. Il permet une prise de conscience des hommes plus jeunes. Par exemple, quand Internet s'est emparé du harcèlement des femmes dans la rue, certains mecs ont compris quelque chose. Ils n'avaient pas compris ce que c'est, être une jeune fille dans la rue. Ils ont lu des témoignages et ils se sont dit : OK, c'est pas juste un mec sympa qui te drague une fois dans l'après-midi, c'est du harcèlement. On ne se plaint pas pour le plaisir de se plaindre. Je viens d'aller voir la pièce tirée de King Kong théorie, et il y avait beaucoup d'hommes. Je ne crois pas qu'ils seraient venus voir une pièce féministe il y a quinze ans : ils se seraient dit que ça ne les concernait pas.

À l'époque de Baise-moi, on vous a souvent présentée comme le vilain petit canard des lettres françaises. Aujourd'hui, vous avez eu le prix Renaudot, vous publiez un roman en plusieurs tomes dans une des plus grandes maisons d'édition… Ça doit vous faire sourire ?

Ça m'amuse, mais j'ai eu le temps de m'y habituer. Je me souviens de mon premier rendez-vous avec Jean-Claude Fasquelle, il y a vingt ans, ici, à l'hôtel des Saints-Pères. Pour moi, débarquer dans cet endroit cossu, c'était une agression, j'avais peur qu'on me demande de faire le ménage ! Maintenant, je suis apaisée et je réalise que j'ai beaucoup de chance de pouvoir écrire dans un tel confort, d'avoir le temps, et puis ces retours de lecteurs avec qui je suis en accord, les traductions… Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi bien, ma vie. Vraiment.

Photo : Virginie Despentes © ANDREU DALMAU/SIPA

Photo de l'édition papier : Virginie Despentes © Stéphane Lavoué

Repères

13 juin 1969

Naissance à Nancy.

1994

Son premier roman, Baise-moi, paraît aux éditions Florent Massot.

1996

Les Chiennes savantes, roman (éd. Florent Massot).

1998

Passe aux éditions Grasset. Le roman Les Jolies Choses obtient le prix de Flore.

1999

Mordre au travers, recueil de nouvelles (éd. Librio).

2000

Elle réalise avec Coralie Trinh Thi l'adaptation filmée de Baise-moi, incluant des scènes de sexe non simulées. Polémique sur un éventuel classement X. Sortie du film Les Jolies Choses, de Gilles Paquet-Brenner.

2002

Teen Spirit, roman (éd. Grasset), et Trois étoiles, roman graphique, écrit avec l'écrivaine et réalisatrice Nora Hamdi (éd. Au diable Vauvert).

2004

Bye Bye Blondie, roman (éd. Grasset).

2006

King Kong théorie, à la fois essai et autobiographie (éd. Grasset).

2010

Reçoit le prix Renaudot pour son roman Apocalypse Bébé (éd. Grasset).

2012

Sortie de son adaptation filmée de Bye Bye Blondie, avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart.

2015

Vernon Subutex, tome I, et Vernon Subutex, tome II.

à lire

Vernon Subutex, Virginie Despentes, éd. Grasset, tome I, 400 p., 19,90 euros.

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard