Vil monde

Vil monde

Une cité proliférante, décor d'un récit préapocalyptique pour une posthumanité.

Il y a des récits sur des villes naissantes ou agonisantes, dont les quartiers composent un corps vivant, parfois vaguement monstrueux. Iván Repila en fait un monstre. Prélude à une guerre n'a rien du mythe. La ville ici emprunte au monstre dans son acception humaine : celle d'un individu au vice poussé à l'extrême. On ne connaît pas son nom, ni l'époque, ni où elle se trouve, car le roman se passe quand « tout n'était déjà plus que ville » : « Quinze, vingt millions de fantômes reliés par des ponts et des bâtiments aux quinze millions suivants, lesquels faisaient partie de l'armature d'un monde en expansion disposé en avenues, quartiers, communes, provinces et pays ; une grappe sans fruit, un maillage avide de lui-même, possédé par une faim structurelle à la fois aliment et chaîne, avec la volonté de comprendre quoi, qui, comment, quand. Pourquoi. »

Iván Repila raconte l'avilissement préapocalyptique de l'humanité, tissant des fils précieux entre chacun des person ...

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Entretien

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