Vertige de l'analogie

Vertige de l'analogie

Modalité essentielle du savoir proustien, la comparaison structure intimement ses textes, à l'échellede la phrase comme du livre.

Comme la crème au chocolat de Françoise, qui survient quand on ne l'attend plus, il arrive que la comparaison conclue, chez Proust, une phrase que l'on croyait finie, apportant un surcroît imprévu de plaisir et de sens : « [...] et on envoyait en éclaireur ma grand-mère, toujours heureuse d'avoir un prétexte pour faire un tour de jardin de plus, et qui en profitait pour arracher subrepticement au passage quelques tuteurs de rosiers pour rendre aux roses un peu de naturel [...]. » Qu'ajouter de plus à ce portrait de la grand-mère, saisie sur le vif, dans l'excentrique mise en oeuvre de son credo esthétique ? Le trait final nous est gracieusement offert, sous forme de comparaison : « [...] comme une mère qui, pour les faire bouffer, passe la main dans les cheveux de son fils que le coiffeur a trop aplatis » I, 14 1.

Proust aime ces parallèles qui invitent le lecteur à évaluer leur propre pertinence. Un jeu de correspondances s'instaure, entre la situation, spécifique, et l'anal ...

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