Chantal Thomas : Versailles-sur-Manhattan

Chantal Thomas : Versailles-sur-Manhattan

Dix-huitièmiste et romancière, cette élève sadienne de Barthes mène sa barque comme elle l'entend, des deux côtés de l'Altantique.

blanche, ceinturée d'une rayure verte, la barque de Chantal Thomas oscille allègre dans l'atmosphère du café Nemours. Neuve, en bois, pourvue d'une paire de rames. Quel âge a-t-elle lorsqu'elle reçoit ce cadeau de son père ? 12 ans, peut-être. Elle donne ses rendez-vous dans l'agréable café de la place Colette : sensuelle, intelligente et malicieuse, Colette est une de ses auteurs favoris. « Quel cadeau extraordinaire, n'est-ce pas ? », dit-elle, songeant à son esquif en bois. L'encourageant à mener sa barque, son père Armand l'armait pour la vie. « J'ai grandi dans une sorte de bulle avec une amie d'enfance, un double, une jumelle. En arrivant sur la plage, on se dessinait sur le sable notre enclos. On vivait à l'intérieur de ce monde. Depuis, il y a le vaste monde et ce dessin sur le sable qui se referment sur moi. » Sa conversation chantante est comme une lente promenade en barque sur l'eau calme du bassin d'Arcachon : elle réfléchit en parlant. Sur le trottoir d'en face ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard