Vaudeville spectral

Vaudeville spectral

Restée seule après le décès de son mari, elle écrit à une amie disparue depuis longtemps.

Du vers « Quelle n'est pas ma joie, et je m'en vais pleurer », oeuvre du poète et romancier danois B. S. Ingemann (1789-1862), le très contemporain Jens Christian Grøndahl, peintre en sentiments à la retenue toute modianesque, a oblitéré la fin, tant, sans doute, elle lui paraissait aller de soi. Son livre, aussi lumineux qu'un crépuscule d'hiver, est empreint d'une douleur suave et définitive.

Au soir de sa vie, Ellinor, dont le mari Georg vient de succomber à un infarctus, écrit à son amie Anna pour lui dire sa peine et ses regrets. Anna ne lui répondra pas. Elle est morte, elle aussi, il y a des éons, emportée par une avalanche au côté de Henning, son amant : Henning, dont le corps n'a jamais été retrouvé et qui était alors l'époux d'Ellinor (laquelle, après le drame, s'est remariée avec Georg, l'ex-mari d'Anna). Un vaudeville avec fantômes, donc, un bréviaire pour les vies d'après où, à l'amertume de n'avoir jamais pu pardonner, se mêle une culpabilité lancinante.

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