Vargas Llosa, la valse des pères

Vargas Llosa, la valse des pères

À 79 ans, le prix Nobel péruvien n'a rien perdu de sa verve, ainsi qu'en atteste son dernier roman, enfin traduit en français : une saga rocambolesque entre mélo et farce, où la paternité se révèle un dur métier.

Voici une recette facile pour reconnaître un grand écrivain. Prenez un spécimen que vous soupçonnez de génie et plongez-le dans un bouillon politique - n'importe lequel. Portez à température ambiante et observez : le grand écrivain continue à produire de grands livres. Peut-être ont-ils pris la couleur du bouillon, mais ils gardent leur saveur d'avant... Rééditons l'expérience en plongeant le même écrivain dans un autre bain politique - le plus différent du premier possible. De nouveau, les livres changeront de couleur, mais, encore une fois, ils porteront les mêmes saveurs... La preuve est faite : le génie littéraire n'est tout simplement pas soluble dans l'engagement politique. Pour évident qu'il soit, ce rappel apparaît nécessaire quand on aborde la figure du Péruvien Mario Vargas Llosa.

À ses débuts (lire aussi p. 16-18), celui-ci fut un brillant écrivain humaniste de gauche qui, dans La Ville et les Chiens, pourfendait une institution péruvienne sacré ...

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