URSS rouge sang

URSS rouge sang

Des régiments de visages fermés défilant sur la place Rouge aux parades des petits pionniers, la jeunesse russe fut l'un des instruments de propagande les plus efficaces du régime soviétique. Celui-ci la voulait saine, instruite, apte à construire le paradis prolétarien en recourant à cette « cruauté nécessaire » chantée par Aragon. Dans un style beaucoup moins lyrique, au minimalisme assorti à la psychologie des personnages, Racailles dévoile un tout autre visage de cette jeunesse russe ordinaire, divisée entre « prix d'excellence », voués à profiter des libéralisations futures, et en petites brutes n'ayant que la vodka, la misère ou l'armée pour horizon, et passant leur rage sur le premier venu. L'auteur porte cette division en lui : souscrire à la violence de ses camarades a changé sa vie en roman noir. Qu'il soit parvenu à écrire ce livre-là révèle que le bon élèvea triomphé du voyou...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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