Une vie en poste restante

Une vie en poste restante

L'invention d'une autofiction épistolaire : une femme est racontée par les lettres qu'elle reçoit.

Initialement publiés en feuilleton dans The New Yorker et Time Magazine, Les Feller se distinguent par l'originalité du dispositif : raconter une vingtaine d'années dans la vie d'une jeune femme américaine par le truchement des lettres que lui envoient ses proches. Manière de décentrer l'autofiction et de parodier - jusqu'au sens étymologique du terme, parôidía, « chanter à côté » - son narcissisme : plutôt que de romancer un enchaînement d'anecdotes qu'on sent nettement inspirées de son expérience, Susanna Fogel les remet en scène depuis une constellation de points de vue et accueille des histoires qui ne sont pas les siennes. La dédicace du livre est de ce point de vue très éloquente sur l'ambition du livre : « À ma famille - malgré nos multiples cassures et l'éclatement géographique, notre talent pour l'autodérision nous unira toujours. Relax. » Se disperser pour mieux observer la cohésion de ce groupe bigarré.

Il y a dans ce roman une ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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