Une sacrée emmerderesse

Une sacrée emmerderesse

Le tabou qui exclut, sauf pour les musulmans, de toucher une vache, et encore plus de l'abattre, plonge l'Inde dans des difficultés économiques et écologiques insolubles.

aucune de nos vaches n'a ce culot. Elle, tout le temps. Capable de bloquer un train en se couchant sur les rails, et personne n'ose la déloger. Deux génisses se battent dans une rue de Jaïpur : voitures à l'arrêt, interdit de les séparer. N'allez pas vous les représenter comme nos vaches d'élevage : efflanquées, les vaches indiennes circulent dans les rues librement. Nul ne peut ignorer qu'en Inde le cheptel de 400 millions de bovins est sacré, et que l'humanité doit lui être soumise.

Ce cheptel se compose de zébus blancs à l'oeil velouté et de buffles noirs moins colériques - la béatitude d'un buffle plongé dans un étang, l'oeil exorbité sous ses longs cils, est une parfaite image du bonheur. Cela n'empêche pas la vache sacrée d'être une difficulté économique non résolue depuis l'indépendance, un problème écologique sérieux, un tabou religieux contestable, et surtout, depuis la désignation en 2014 de Narendra Modi, un extrémiste hindou, comme Premier ministre de l'I ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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