Une révolution de la conscience

Une révolution de la conscience

Dans ce texte, paru en novembre 1966 dans le premier numéro du Magazine littéraire, J.M.G. Le Clézio, alors âgé de 26 ans, explique le caractère proprement révolutionnaire de De sang-froid.

P ar tous les moyens, l'écrivain d'aujourd'hui cherche à échapper à l'enfer qu'il est pour lui-même. Il cherche à vaincre les remparts de son individualité et de sa solitude par l'écriture, parce que le langage et la littérature lui semblent une démarche tournée vers l'extérieur, et que cette démarche ne s'accomplit vraiment que dans l'expression de la réalité, de la vérité. C'est donc l'issue d'un siècle d'individualisme, d'égocentrisme, d'impuissance sociale qu'il faut trouver à tout prix, si l'on ne veut pas périr dévoré par sa propre image. Cette recherche des autres et cet oubli de soi, le romancier pouvait autrefois la satisfaire par la création de personnages et de situations ; il donnait la vie, il rendait sa justice arbitraire, il créait. Mais la révolution de la conscience a eu lieu, et le romancier ne peut plus être un dictateur. Il n'a plus le pouvoir dont disposaient Flaubert, ou Dickens. Il lui faut aujourd'hui inventer une nouvelle méthode de création. Il lui faut un ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes