Une philosophie de l'action politique

Une philosophie de l'action politique

À première vue, le stoïcisme n'a rien d'une philosophie politique. Pourtant, de Sénèque à l'empereur Marc Aurèle, des stoïciens se sont engagés dans la vie de la cité, sans trahir les enseignements de l'école.

Le stoïcisme passe d'ordinaire pour une philosophie du repli en soi-même d'un individu à la recherche d'un bonheur qui aurait enfin cessé d'être dépendant d'autrui. Cette image n'a rien de faux : le bonheur a pour prix la rupture assumée avec la foule, l'entourage, les proches, tous aussi insensés le sage n'est-il pas plus rare que le phénix ?, pourvoyeurs de vices puisque la vie qu'ils mènent et qu'ils font mener se disperse dans un mimétisme généralisé, fondateur d'un « on » tout aussi anonyme que finalement pervers, où l'on vit moins pour soi que pour partager et transmettre l'erreur de l'autre 1 . Autant dire que la cité risque de n'apporter rien d'autre que du malheur, et elle est du reste à la source même de toute perversion : pourquoi ne sommes-nous pas sages ? parce que l'entourage nous pervertit, répond Chrysippe 2 . Voilà de quoi conforter, semble-t-il, le préjugé selon lequel le stoïcisme se serait désintéressé de la quest ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine