Une Islande schizo

Une Islande schizo

En 1941, l'Islande est occupée par les armées britannique et américaine. Ce qui ne l'empêche pas d'abriter des nazis locaux et des espions allemands. Dans ce contexte, le meurtre d'un représentant de commerce peut ouvrir sur des abîmes.

En farfouillant dans les passages secrets de la « situation » islandaise, Arnaldur Indriðason passe son intrigue - et le lecteur - à l'essoreuse. Août 1941. Occupée par les armées britannique et américaine, la terre de glace ne se ressemble plus. Le théâtre du monde s'est déplacé à l'intérieur de ses frontières. Vue par deux enquêteurs qui n'en ont pas la même perception, l'image d'un pays toujours immaculé peine à résister aux assauts mortifères de l'ordre nouveau. Une prise de conscience graduelle, pour un livre somptueux de la catastrophe. L'auteur exhume les stigmates du poison inoculé à la société islandaise.

Flovent, de la criminelle, et Thorson, qui assure la liaison entre la police militaire et la police locale, découvrent le corps d'un homme, une croix gammée tracée sur le front avec son sang. Né en Islande, mais élevé au Canada, Thorson porte sur son pays un regard à la fois intérieur et extérieur. L'enquête, dénouant les fils de deux lucidités complémentaires, osci ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard