Une humeur de chien

Une humeur de chien

Le personnage le plus intéressant de cette rentrée littéraire étrangère est un chien. Il s'appelle Apollon, et c'est un grand danois, un mètre au garrot, qui nourrit une parfaite indifférence envers les autres chiens et les chats et regarde stoïquement la vie comme elle va - ou comme elle s'enfuit. La narratrice, écrivaine et professeur d'université à New York, en a hérité de son meilleur ami, qui vient de se suicider. Or ce meilleur ami - jamais nommé - était un écrivain célébré et un professeur d'écriture créative à l'ancienne, qui croyait que personne ne devrait écrire s'il n'avait mieux à faire. Un homme à femmes, aussi, pour qui la séduction faisait partie de l'enseignement. Et un mentor, si brillant qu'il avait persuadé ses élèves qu'il aurait un jour le Nobel. Et c'est cet homme, suicidé, qui a chargé sa troisième épouse de confier son chien à la narratrice. Autant dire que ledit chien se voit lesté d'un lourd fardeau symbolique : il incarne à la fois l'ami disparu, mais auss ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard