Une horreur florissante

Une horreur florissante

S'il demeure assez marginal dans l'aire francophone, le roman d'épouvante n'est nullement un genre parallèle ou annexe dans le monde anglo-saxon. Parmi la récente moisson sanglante, le pape Stephen King confirme sa maîtrise et inspire une fable noire à Joyce Carol Oates.

L'épouvante est l'une des lignes de démarcation entre les littératures française et anglo-saxonne. Chez nous, à la notable exception du Horla et de quelques nouvelles de Maupassant, elle est rejetée dans les marges, alors qu'elle fonde, avec Edgar Poe puis Lovecraft, la littérature nord-américaine et imprime de sa marque noire, avec Shelley, Stoker ou Mathurin, son homologue britannique. De là sa relative absence dans la production française contemporaine et sa persistance dans l'édition anglophone. Les Américains Stephen King, Brian Evenson ou Joyce Carol Oates, maîtres incontestés du genre, viennent de faire paraître chacun un livre. Et par le jeu des traductions, ils subissent aujourd'hui la concurrence de quelques étrangers buvant aux mêmes sources, tel le Suédois Anders Fager, qui écrit dans le droit fil de l'inspiration lovecraftienne et inscrit son oeuvre dans le mythe inventé par celui-ci.

Commençons par Anders Fager : il produit l'épouvante la plus pure, en ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

Nos livres

À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

► Entretien avec Jacopo Rasmi : avec Yves Citton, il signe l'essai Générations collapsonautes