Une histoire de flux

Une histoire de flux

Quatre heures à perdre et une phrase de 350 pagespour dresser l'inventaire d'une existence.

Un homme debout. Une cloche qui sonne « à travers une lumière grise ». Marcus Conway, marié, deux enfants, se tient dans sa cuisine, en proie à un vertige inhabituel. Il lui reste quatre heures avant le retour de son épouse. Ses pensées se déversent en fleuve : une phrase de 350 pages procédant par digressions, recoupements et associations d'idées. On pense à Joyce... et puis on n'y pense plus. La prose de Mike McCormack est fluide, naturelle, quoique teintée d'une légère angoisse. Plongé, noyé dans ses souvenirs, Marcus revient sur sa carrière d'ingénieur, sur ses relations difficiles avec son père et ses désormais grands enfants, sur la récente maladie de sa femme. « Agité au-delà de toute consolation », il songe à des ponts, aussi, à des choses édifiées, construites, à un mariage chaotique, à des chantiers contrariés, des pressions, des tensions, et « au vaste monde au-delà », à l'univers lui-même, tant qu'à faire, qui lui semble « assemblé par des vis et des boulons ». Seulement ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard