Une enfance à perpétuité

Une enfance à perpétuité

Les psychanalystes vous le diront : on ne reconstruit pas une enfance. A défaut, on peut inventorier ses vestiges pour y relever les signes annonciateurs d'un destin adulte. C'est ce qu'a fait Pierre Drach-line convaincu qu'il est, à la cinquantaine, d'avoir prorogé une manière d'être qui fut tout sauf un état de grâce. Son mauvais « sur-moi » vient sans doute de l'incapacité à communiquer avec le père d'un foyer modeste et qui ne comprendra rien aux aspirations littéraires d'un fils cherchant par là sa voie de salut. Ils seront l'un et l'autre « deux emmurés ». Un accident poliomyélitique n'est pas le plus grave. « C'est de l'intérieur que l'enfant boite vraiment. » En fait, il n'a du courant de la vie qu'une vision distancée, désabusée, préférant se raconter des histoires à celles que la réalité lui impose : « il aimerait se perdre de vue ». Au lycée, de même, il rompt avec les jeux de la cour de récréation, marginal déjà, « un asocial sournois », dira le directeur à sa mère. La r ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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