Une croissance numériqueen trompe-l'oeil

Une croissance numériqueen trompe-l'oeil

Si la révolution numérique a enrichi les entreprises, c'est souvent au détriment des salariés. Et rien ne dit que l'intelligence artificielle profitera au travail humain.

la révolution conservatrice de Reagan et Thatcher s'est construite sur une théorie dite du ruissellement selon laquelle il faut laisser les riches s'enrichir pour doper la croissance, les pauvres en profitant davantage qu'avec des subventions payées par l'impôt. Quarante ans plus tard, le constat est sans appel, le ruissellement n'a pas eu lieu. Le Rapport sur les inégalités mondiales (1), présenté par Thomas Piketty et ses coauteurs, a donné un formidable éclairage sur le processus qui s'est mis en place. Aux États-Unis, la part du revenu national captée par le 1 % le plus riche a doublé, passant de 10 % à 20 % du total. Ce qui est extraordinaire est ce que cet enrichissement se soit réalisé au détriment presque parfait des 50 % les plus pauvres. La part gagnée par ces derniers est en effet passée de 20 % à 10 % du revenu global, dans une grande permutation avec celle des plus riches ! Cela veut dire aussi qu'en 1980 les plus riches gagnaient 25 f ...

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DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon