Une chute sans fin

Une chute sans fin

Pascal, tout comme Bossuet, ne se livre à aucune description sadiquement complaisante de l'enfer. C'est que celui-ci est en nous. La terre est maudite et nous faisons chaque jour l'expérience du mal.

Autour de nous, en nous, l'enfer est partout. Il suffit d'aller à l'église, ou au cimetière, de regarder le porche ou les fresques, pour distinguer, com-me le faisait la mère de Villon, « Paradis peints où sont harpes et luths/ Et un enfer où damnés sont bouillus. » Notre condition dévoile son sens dans le cauchemar de nos nuits : les prédicateurs n'ont pas grand effet à faire pour nous convaincre que nous sommes à nous-même Léviathan. Le labyrinthe des enfers emprunte son image aux circonvolutions cérébrales, ou aux lacis intestinaux. Figure de notre désordre, l'enfer nous enveloppe.

Quand Pascal ou Bossuet parlent de la mort, c'est moins pour provoquer en nous la terreur des supplices, que pour nous inciter à nous soumettre aux lois religieuses. La vie chrétienne est bien une protection contre le mal ; mais elle doit être choisie par amour du créateur, et non par crainte de l'esprit malin, penserait Pascal. Les Oraisons funèbres de Bossuet sont des instru ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé