Une chambre en ville

Une chambre en ville

Pour Robin Rivaton, il est indispensable de faire baisser les prix dans les grandes cités et d'y bâtir des logements sociaux.

dans les années 1970, les centres des grandes conurbations, en Europe et aux États-Unis, perçus comme sales et bruyants, furent désertés. Les classes moyennes et supérieures leur préférèrent les banlieues résidentielles aérées. Ce temps est révolu : depuis 1990, la ville dense fait retour. Dans La Ville pour tous. Repenser la propriété privée (L'Observatoire) Robin Rivaton montre que ce phénomène de « métropolisation » est lié aux nouvelles technologies. On trouve plus facilement des ingénieurs de haut niveau dans les fortes concentrations de population, mais ce changement a eu aussi pour conséquence l'envolée dramatique des prix de l'immobilier. De là le sentiment de relégation des habitants les moins riches, contraints à déménager, et ces manifestations hebdomadaires, à Berlin, Dublin, Barcelone, San Francisco, etc., au cri de : « Nous voulons garder notre ville ! » Face à cette situation, Robin Rivaton préconise de séparer la propriété du foncier pour faire baisser le prix du mètre carré dans les capitales et d'y multiplier les logements sociaux. Un contre-emploi idéologique qui montre à quel point la ville est devenue un enjeu politique central - ce qu'aucun des candidats à la mairie de Paris ne semble avoir intégré dans sa précampagne.

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard