Une chair effeuillée

Une chair effeuillée

Contrairement au sens de l'humour, le corps est un bien commun à l'espèce humaine. Tout le monde en a un. Pour l'écrivain, c'est une gageure : il n'y a rien de plus difficile que de cerner une expérience commune et partagée. Écrire l'ordinaire se révèle plus complexe qu'écrire l'exceptionnel. Brigitte Giraud relève le défi haut la main. Dans son dernier livre, elle raconte sa vie à travers son corps. D'objet irrigué, il devient sujet central. Il sert de point d'appui à l'exercice autobiographique. Les phases d'une existence sont ramenées à leur dimension physique, forcément connectées au spirituel. Ainsi, l'enfance n'est pas seulement une histoire de chute et de genoux écorchés, mais surtout de recherche de l'équilibre et de résistance à la douleur. Un trajet en voiture sera l'apprentissage de la nausée, que l'enfant réfrène, découvrant dans la foulée la non-maîtrise du corps : « J'essaie de maîtriser mon estomac, de respirer par la vitre ouverte, rien n'y fait. Mon corps ne m'écout ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé