Une affaire de famille

Une affaire de famille

Tolérée au nom du jouir sans entraves de la révolution sexuelle, la pédophilie, depuis les années 1980, est devenue une figure du mal absolu. Mais elle sévit encore, au coeur des foyers, à l'abri des regards.

Avril 1982, sur le plateau de l'émission « Apostrophes », Daniel Cohn-Bendit goguenard, vautré dans un fauteuil, déclare : « Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque... » Qu'un homme public puisse faire cette déclaration sans susciter parmi les autres invités une ferme condamnation montre combien le thème de la pédophilie comme figure du mal absolu est récent. Certes, les bourreaux d'enfants constituent depuis longtemps, notamment par la figure de l'ogre, une présence constante du mal dans notre imaginaire, mais, alors que le terme existe depuis le XIXe siècle, on observe en langue française une explosion de son usage à partir de la fin des années 1980. Un peu avant, ceux qui ressentaient une attirance sexuelle pour les enfants prétendaient inscrire leur compulsion dans la libération des moeurs qui a caractérisé les années 1960-1970. Une époque où le journal Libération publie des annonces pédophiles et où ...

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