Une étoile aînée

Une étoile aînée

Cocteau a pu juger qu'Apollinaire ne le soutenait pas assez ; il a même pu secrètement jalouser son aura. Mais il ne cessera de rendre hommage, avec ferveur, à son génie.

À la mort d'Apollinaire, le 9 novembre 1918, Jean Cocteau écrit au poète André Salmon :

« Samedi minuit 9 novembre

« Mon cher André

« Le pauvre Apollinaire est mort. Picasso est trop triste pour écrire, il me demande de le faire et de m'occuper des notes des journaux. Je n'en ai aucune habitude.

« Voulez-vous être assez bon pour vous en charger ?

« Apollinaire ne s'est pas vu mourir. Mon docteur espérait le sauver, mais il avait les deux poumons atteints. C'est une grande tristesse. Il est parvenu à vivre par un miracle d'énergie jusqu'à 5 h.

« Son visage est calme et tout jeune

« Je vous embrasse

« Jean Cocteau (1) »

La tristesse de Cocteau est-elle moins grande que celle de Picasso ? On peut au moins poser la question. Il reste que cette disparition met un terme à une relation brève et complexe. Le premier échange de correspondance date de Noël 1916, le dernier, du 5 novembre 1918 (2). En quête du soutien de son presti ...

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