Une écriture dantesque

Une écriture dantesque

Depuis ses poèmes-mondes en frioulan jusqu'à son roman-monstre Pétrole, Pasolini renvoie dos à dos l'académisme et les avant-gardes contemporaines en invoquant la « scandaleuse force révolutionnaire du passé ».

Il y a chez Pasolini - le poète, l'écrivain, le cinéaste, l'intellectuel - une figure de style centrale, qui irradie l'ensemble de l'oeuvre, jusqu'à en résumer la tension. Cette figure, qui réunit deux termes habituellement incompatibles pour donner naissance à un sens nouveau, un éclair poétique, une image inédite, inquiétante et familière, c'est l'oxymore. Mais l'oxymore est chez lui bien plus qu'une figure de style : il est le noeud de la pensée - sa racine, son creuset -, la condition même de sa possibilité. Dans la coprésence inconciliable de deux oppositions et leur impossible synthèse (la passion et l'idéologie par exemple) se joue tout le rapport de Pasolini au monde, à l'autre, mais aussi à la littérature. Des premiers textes poétiques écrits en frioulan jusqu'au roman monstre terminal, Pétrole, une même constante : un rapport complexe et contradictoire à l'histoire littéraire, un engagement jamais démenti dans le présent nourri par un ancrage viscéral aux grandes ...

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Entretien

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