Une écriture dantesque

Une écriture dantesque

Depuis ses poèmes-mondes en frioulan jusqu'à son roman-monstre Pétrole, Pasolini renvoie dos à dos l'académisme et les avant-gardes contemporaines en invoquant la « scandaleuse force révolutionnaire du passé ».

Il y a chez Pasolini - le poète, l'écrivain, le cinéaste, l'intellectuel - une figure de style centrale, qui irradie l'ensemble de l'oeuvre, jusqu'à en résumer la tension. Cette figure, qui réunit deux termes habituellement incompatibles pour donner naissance à un sens nouveau, un éclair poétique, une image inédite, inquiétante et familière, c'est l'oxymore. Mais l'oxymore est chez lui bien plus qu'une figure de style : il est le noeud de la pensée - sa racine, son creuset -, la condition même de sa possibilité. Dans la coprésence inconciliable de deux oppositions et leur impossible synthèse (la passion et l'idéologie par exemple) se joue tout le rapport de Pasolini au monde, à l'autre, m ...

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Grand entretien

Sarah Schulman

Sarah Schulman
Écrivaine, militante LGBT et activiste de longue date à Act Up New York