Un siècle héraclitéen

Un siècle héraclitéen

La guerre s'est imposée au xxe siècle comme l'horizon fatal de la pensée. Tous ceux qui pensent la politique s'accordent sur ce constat : la guerre est la forme moderne de la tragédie.

S'il est vrai que, selon Héraclite, le combat est le père de toute chose, le xxe siècle a été fondamentalement héraclitéen car la guerre s'est imposée comme horizon fatal de la pensée. La lutte à mort, la mobilisation totale deviennent la forme courante - certains la voudraient l'unique - de la vie de l'Etat et à laquelle tous doivent se soumettre. La guerre est le but. C'est pourquoi tous ceux qui pensent la politique sont d'accord avec Napoléon sur ce constat : elle est la forme moderne de la tragédie. Mais là où s'opère le clivage c'est sur les conséquences qu'il faut tirer de ce constat.

Tout commence avec la Grande Guerre, ou plus précisément avec l'explosion de violence incontrôlable - en tous les cas non prévue et à peine contrôlée par les autorités militaires et politiques - provoquée par l'alliance entre les progrès de la technologie militaire engendrée par la révolution industrielle et la quantité des masses humaines engagées dans la bataille. Jusqu'alors la guerre ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon