UN SANG D'ENCRE

UN SANG D'ENCRE

De l'Antiquité à nos jours, une mini-anthologie des croyances qui ont engendré le nyctalope de légende.

Le vampire est vieux comme la mort - si l'on admet que nos ancêtres paléolithiques enterraient leurs trépassés autant pour les honorer que pour les empêcher de revenir. Certes, il faut attendre le début du XVIIIe siècle pour voir le nom apparaître : en 1725, les habitants d'un petit village de Serbie, alarmés par une série de décès, déterrent le dénommé Peter Plogojowitz, jugent son cadavre trop frais et lui enfoncent un pieu dans le coeur. Plus tard, les fonctionnaires de l'Empire austro-hongrois enquêtent sur des morts suspectes et découvrent, effarés, « des preuves incontestables de vampirisme ». Voilà le vampire prêt à prendre son envol.

Sa naissance avait été préparée par une foule de créatures proto-vampiriques remontant à l'Antiquité. Songeons aux striges, ces oiseaux de malheur, qui, selon Ovide, s'introduisaient la nuit dans les demeures romaines et déchiquetaient les bébés pour boire leur sang. Le Moyen Âge connaît, lui, des « revenants en corps » qui s'abreuvent d ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard