La Bruyère, un sacré caractère

La Bruyère, un sacré caractère

Précepteur dans une famille princière, l'auteur des Caractères, issu d'une famille petite-bourgeoise, dut subir l'arrogance et la fatuité des nantis. Il s'en vengea par une oeuvre qui ouvrit la voie aux philosophes des Lumières.

Tout est affaire de rencontres. La Bruyère fréquentait Bossuet, évêque de Meaux, le champion de la France catholique, le pilier de la monarchie absolue que Louis XIV avait, en 1670, nommé précepteur de son fils, le Dauphin. Bossuet était un homme d'un immense savoir, un prédicateur d'exception. Fort de la confiance du roi, il désignait aux grands les précepteurs qu'il jugeait profitables à leur progéniture. C'est ainsi qu'en 1684 il conseilla à M. le Prince, le Grand Condé, de placer La Bruyère auprès de son petit-fils, le duc de Bourbon, un insupportable gamin d'une quinzaine d'années. La Bruyère fut chargé d'enseigner, moyennant une rétribution confortable, les matières que l'héritier en herbe d'une famille princière se devait d'apprendre. Il devait en même temps suivre son élève dans ses diverses résidences, à Chantilly, à Versailles, à Paris, où les Condés possédaient hôtels particuliers et châteaux.

Par ce moyen, La Bruyère, bientôt quadragénaire, eut l'occasion de côto ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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