Un Rameau tournoyant

Un Rameau tournoyant

Le Neveu de Rameau a parfois été perçu comme le symptôme d'une amoralité relativiste, voire cynique, chez Diderot. C'est oublier que cette oeuvre est un dialogue en mouvement perpétuel - une éthique en acte et non une leçon de morale.

Dans un passage célèbre du Neveu de Rameau, Lui, le neveu du grand musicien, raconte à Moi, le philosophe, l'histoire du renégat d'Avignon. Après avoir dénoncé son « ami » le juif, le renégat s'empare par ruse de tous ses biens et l'abandonne aux flammes de l'Inquisition. Lui exulte : par son récit d'un forfait insigne n'accède-t-il pas au « sublime dans le mal », qui signale, parmi la platitude des « espèces » ordinaires, les scélérats d'exception ? Et voilà qu'il se lance dans une pantomime musicale exaltée ! Cet enthousiasme bouleverse son interlocuteur, qui est près de se trouver mal. Mais est-ce vraiment là le triomphe du Mal ? Non, bien sûr. Après la grande pantomime de l'homme-orchestre, puis le « branle pérenne » de la « pantomime des gueux », l'entretien au café de la Régence va bientôt s'achever sur la formule de Rameau, parasite repoussé à la périphérie d'une société corrompue qu'il prétend, à tous les sens du mot, représenter : « Rira bien qui rira le dernier. » ...

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