Un père, et passe

Un père, et passe

Sur les traces d'un père trop fou pour une vie de salarié, pas assez pour celle qu'il se rêvait, « imprévisible et stimulante », l'écrivain, le fils, sonde les circonstances d'une chute mortelle et solitaire dans des bois familiers. Et découvre une nouvelle histoire.

Décidément, Pierric Bailly ne reparaît jamais où on l'attend. Dans L'Étoile du Hautacam, l'an dernier, l'enterrement d'une grand-mère jetait le personnage sur les routes, direction son village natal. En chemin, le roman bifurquait à angle droit : brusquement soulevé à 15 kilomètres du sol, le patelin changé en attraction futuriste devenait le décor d'une fantaisie détonante et hallucinée sur le triomphe du show-business, saut prodigieux vers les astres et la loufoquerie par lequel s'ajournait la chronique annoncée d'un deuil et d'un retour aux sources. Avec L'Homme des bois, nous revoici sur la terre ferme. Ou plutôt celle, meuble, odorante et détrempée, des forêts jurassiennes où Christian Bailly, père de l'écrivain, glissa mortellement. Car c'est de l'enterrement de ce père qu'il s'agit cette fois. À rebours des titres précédents - Michael Jackson (2011), où le roi de la pop brillait par son absence, Polichinelle (2006), aux facéties programmées ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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