Un oeil libre dans paris occupé

Un oeil libre dans paris occupé

Jean Galtier-Boissière est un observateur : sa finesse d'analyse est très inversement proportionnelle à sa volonté d'action. Encore traumatisé par son expérience des tranchées, où il a fondé Le Crapouillot (qui n'avait alors rien d'une feuille d'extrême droite), collaborateur au Canard enchaîné, il passe la Seconde Guerre mondiale terré place de la Sorbonne et ponctue son journal de bons mots, d'anecdotes amères et de réflexions lucides sur la collaboration indifférente du Tout-Paris. Dans ce monde où il est devenu « impossible d'écrire », Galtier-Boissière rit sans oublier, comme lorsqu'il rapporte les paroles d'un détenu communiste : « Ici on fusille le vendredi matin, aussi tous les vendredis soir nous donnons une soirée théâtrale, pour leur montrer qu'on les emmerde. » On se demande parfois s'il n'a pas forcé ses dons de voyance à la Libération (prédisant par exemple sa condamnation à Drieu la Rochelle dès octobre 1940), mais ce tableau impressionniste ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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