Un mot vous manque

Un mot vous manque

Persuadé qu'un mot s'est évaporé pendant la nuit, un homme palabre et déploie une fable délicate.

À mesure que progresse l'oeuvre de Philippe Forest grandit la certitude que son écriture n'émerge qu'afin de conjurer une absence. Tous ses romans arpentent une crête surplombant le même abîme : ce fut le deuil de sa fille, décédée d'un cancer à 4 ans ; la douleur engendra un premier récit, L'Enfant éternel, avant d'irriguer les écrits suivants, Toute la nuit, Tous les enfants sauf un, jusqu'au plus récent, Crue ; puis ce fut la vie de son père, transmuée en un mausolée du XXe siècle dans Le Siècle des nuages. Chacun de ses autres livres ressasse la même obsession, sous des angles toujours différents.

Alors, quand un mot comme « l'oubli » surgit en couverture de son nouveau roman, on présume que l'écrivain n'en a pas fini de retravailler cette matière. Pourtant, L'Oubli pourrait être une injonction lancée à soi-même afin de s'évader de ce territoire. Tout commence quand, un matin, le narrateur se réveille avec la certitude qu'un ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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