Un microcosme mexicain bat la campagne

Un microcosme mexicain bat la campagne

Une campagne électorale est l'occasion d'une plongée dans les arcanes d'une fictive cité mexicaine, une narration survoltée multipliant les chassés-croisés entre personnages et intrigues.

Du roman d'Eduardo Rabasa, on pourrait difficilement dire qu'il s'agit d'un « jeu à somme nulle ». La somme, au contraire, est considérable. Tout d'abord parce qu'il n'y a pas un seul roman, mais deux. Et chacun correspond à une focale bien différente : d'un côté la macroscopie, de l'autre la microscopie. Le premier roman est celui d'un décor et d'une communauté : la fourmilière Villa Miserias, une « unité d'habitation » fictive à vocation métonymique (une sorte de modèle réduit du Mexique) ; le second est celui d'un personnage : un jeune homme, Max Michels, qui se porte candidat - comme d'autres se font kamikazes - à la présidence de ce groupement d'immeubles, tout en sachant que cette élection est verrouillée par l'éminence grise de Villa Miserias, le discret mais puissant Selon Perdumes. Ainsi scindé, Un jeu à somme nulle fonctionne comme un entonnoir : on commence en écoutant un concert de vies, pour ensuite venir se recroqueviller sur une seule.

La première moit ...

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