Un grand acteur

Un grand acteur

Derrida aimait le dialogue et l'échange - mais il se méfiait de l'oral. C'est pourquoi il pratiquait la recitatio : tout ce qu'il prononçait était intégralement rédigé. « Depuis plus de quarante ans, j'écris ce que j'enseigne du premier mot jusqu'au dernier mot, j'expérimente d'avance le rythme et la tonalité de ce que, feignant d'improviser, je "vocaliserai" dans l'amphithéâtre », expliquait-il dans Le Magazine Littéraire en 2004 n° 430. On dira que c'était par souci de clarté : mais il s'agissait surtout de subvertir le logocentrisme hérité de l'Antiquité - au travers du Phèdre et du couple Platon/Socrate. Lisant son texte, le philosophe démontrait que la parole naissait paradoxalement après l'écrit. L'interprétant, il renvoyait la phonè la voix à une simple fonction d'instrument rhétorique. « Feignant d'improviser », il révélait la difficulté, et somme toute la différance, d'une présence pleine et qu'on croyait attestée. C'était rejouer le Paradoxe sur le comédien : un homme li ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon