Un Flaubertenflammé

Un Flaubertenflammé

Pour son premier film Un cœur simple, Marion Laine offre une interprétation violente et sensuelle du conte de Flaubert.

Ce fut un chagrin désordonné » : c'est par la mise en images de ces mots, pourtant éloignés de l'incipit, que s'ouvre Un cœur simple, adaptation du conte de Flaubert réédité chez Mille et Une Nuits. Car Félicité Sandrine Bonnaire, admirable, la fameuse servante si dévouée que « pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Évêque envièrent à Mme Aubain », avait eu auparavant, « comme une autre, son histoire d'amour » - malheureuse bien sûr.

Marion Laine, qui réalise ici son premier film, répond par ce choix à l'une des innombrables questions auxquelles se confronte le cinéaste portant un texte littéraire à l'écran : par où commencer ? Comment rendre la voix du narrateur ou le flux de conscience des personnages ? Qu'est-ce que la « fidélité » audit texte, et faut-il réellement s'en soucier ? Naturellement, on pourrait jouer ici au jeu des sept erreurs. Un exemple parmi d'autres : Flaubert baptise les deux enfants Aubain Paul et Virginie - clin d'œil ironique à la vogue, ch ...

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