Un fjord dédoublé

Un fjord dédoublé

Après Le Mal (sous-titre de son premier roman traduit en français), l'auteur s'attaque à La Stupidité : un couple d'écrivains se déchire dans un village islandais loin de tout, et néanmoins quadrillé par un système de vidéosurveillance.

Dans Illska. Le Mal, son premier roman traduit en français (en 2015 chez Métailié), Eiríkur Örn Norđdahl minait la possible monumentalité de son projet par le truchement d'un récit biscornu où alternaient plusieurs voix, plusieurs histoires et plusieurs époques. On passait ainsi d'un ton très docte aux ricanements d'un loustic fier de ses canulars (le premier paragraphe - emblématique - énumère le nombre de personnes ayant « trouvé la mort pendant l'écriture de ce livre », avant de se raviser d'un facétieux « Mais non, je rigole ! ») ; on alternait entre un roman à l'eau de rose et une tragédie sentimentale ; on avançait horizontalement en baroudant à travers l'Europe, pour ensuite plonger verticalement dans les viscères de l'histoire - en évoquant la Shoah par balles en Estonie. Pourtant, malgré ce récit ouvert aux quatre vents, l'accumulation menait fatalement à un encombrement et à une obstruction qui rabattaient tous ces tentacules narratifs sur une impossibilité de sai ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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