UN FILS DES LUMIÈRES

UN FILS DES LUMIÈRES

Stendhal a emprunté aux philosophes des Lumières un goût pour l'analyse de l'homme et ses passions. Mais, avant tout, il a hérité du xviiie siècle un élan, un rythme, un style. Une soif d'émotion.

Le 15 mai 1796, le général Bonaparte fit son entrée dans Milan à la tête de cette jeune armée qui venait de passer le pont de Lodi, et d'apprendre au monde qu'après tant de siècles César et Alexandre avaient un successeur. » Les historiens aujourd'hui peuvent se récrier sur la réalité de cet enthousiasme des Milanais à l'arrivée de l'armée française ; l'ouverture de La Chartreuse de Parme, véritable « sacre du printemps » pour reprendre le mot de Philippe Berthier fournit l'un des thèmes dominants de Stendhal, l'opposition entre l'élan de la jeunesse et les crispations nostalgiques du passé. D'un côté, le dévouement à un idéal et un amour de l'amour, de l'autre, la soumission à l'ordre établi et aux préjugés religieux. D'un côté Shakespeare et ses inventions, de l'autre un Racine réduit aux règles et aux bienséances. La position de Stendhal n'a jamais souffert la moindre ambiguïté : il fait le choix de la vie et du mouvement.

Sa haine pour la médiocrité des bien-pensants a mû ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard