Un esthète assassin

Un esthète assassin

Entre autres figures maléfiques, l'écrivain chilien Roberto Bolaño (1953-2003) a donné forme au monstrueux Carlos Wieder, artiste autoproclamé du meurtre sous Pinochet.

Publié en 1996, Étoile distante a pour figure centrale Carlos Wieder, tueur pervers auquel Roberto Bolaño avait déjà consacré une nouvelle dans La Littérature nazie en Amérique. Le roman s'ouvre sur les souvenirs d'Arturo B : « La première fois que j'ai vu Carlos Wieder, ce devait être en 1971 ou peut-être en 1972, du temps où Salvador Allende était président du Chili. » Jusqu'au coup d'État de Pinochet, en 1973, Wieder fréquente les mêmes ateliers de poésie que le narrateur : « Il ne parlait pas énormément », était « grand, mince, mais robuste, et admirablement bâti », toujours habillé de vêtements « chers et de marque », et était d'autant plus méprisé des hommes qu'il plaisait aux femmes - notamment à des jumelles dont la beauté et le talent n'en finissaient pas d'attiser le désir des apprentis poètes.

Wieder est de ces pervers qui, à l'instar d'Hannibal Lecter, sont des hommes de goût. Si le pervers est souvent intelligent et raffiné, c'est parce que, con ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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MAI :

► Roberto Bolaño, et de deux : en complément de l'ensemble « Il faut relire » consacré à l'écrivain

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