Un enfant du plaisir

Un enfant du plaisir

Né de la chanson et de l'esprit frondeur de la foire etdes forains sous Louis XIV, le vaudeville a mis deux siècles pour s'imposer comme genre libre et autonome.

Dans son Art poétique (1674), Boileau désigne par « vaudeville » un simple air à boire ou couplet mordant lancé par quelque chansonnier : « Le Français, né malin, forma le Vaudeville ;/Agréable indiscret, qui conduit par le chant,/Passe de bouche en bouche, et s'accroît en marchant./La liberté française en ses vers se déploie,/Cet enfant du plaisir veut naître dans la joie. »

Le vaudeville serait-il né à la fin du XIVe siècle en Normandie, dans le val de Vire, sous la plume du poète populaire Olivier Basselin ? Ses « vaux-de-Vire » d'esprit bachique, publiés en 1610, seraient à l'origine du mot. À moins que « vaudeville » ne dérive des « voix de ville », chansons populaires urbaines opposées aux airs de cour. Autre étymologie possible selon Le Grand Robert de la langue française : « vauder » (« tourner » en dialecte normand) et « virer ». Forme urbaine, le vaudeville alimente la sociabilité. Ainsi le définit le Trésor de la langue française...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.