Un drôle d'État

Un drôle d'État

Une fiction politique avec grands corps en décomposition, élites technocrates et populations oubliées.

Jean-Baptiste de Froment, pour son premier roman, a choisi un genre peu courant, la politique-fiction sous forme d'uchronie : État de nature se déroule dans une France parallèle, légèrement décalée, méconnaissable et pleine d'allusions à la réalité. Les lieux de l'action sont Paris et un département fictif nommé la Douvre, territoire déshérité qui fonctionne comme une métaphore de la France « périphérique ». À l'Élysée règne « la Vieille », présidente déclinante qui ne contrôle plus grand-chose, le gouvernement étant assuré par un cabinet administratif aux allures de grand corps de l'État, la Commanderie, elle-même peuplée de technocrates issus non de l'ENA mais d'une école d'État, la Sapience, créée sous la Révolution. Au coeur de la Douvre se terre un philosophe séditieux dont les écrits inquiètent le régime : on dirait Julien Coupat, il s'appelle Arthur Cann...

Dans ce décor déroutant, à la fois familier et dépaysant, l'auteur propose une sorte de thriller poli ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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