Un conte d'Ibère

Un conte d'Ibère

Ils étaient des parents ordinaires qui s'appliquaient à vivre des vies ordinaires dans l'Espagne de Franco, indifférents à la religion comme à la politique. Un couple modeste d'Espagnols habitant la petite ville de Barbastro, lui travaillant comme représentant en tissus auprès de commerces chiches, elle femme au foyer dont le salon soigné disait les désirs insatisfaits d'élévation sociale. Leur vie ne fut pas de l'étoffe dont sont tissés les romans. Et pourtant, leur fils, l'écrivain Manuel Vilas, les a transformés en figures nationales par la grâce d'un texte extraordinaire, qui n'exclut pas la noirceur, mais se sert d'une forme de pensée poétique pour trouver l'amour dans les recoins les plus triviaux.

Dans la voiture paternelle, d'abord, une Seat hautement symbolique. Puis dans la pauvreté de ses parents : « Le renoncement à participer à la mise à sac du monde, telle est la pauvreté à mes yeux. Sans doute non par bonté [...] mais par incompétence pour le pillage. » Ou bien ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard