Un complexe universel ou un totem seulement occidental ?

Un complexe universel ou un totem seulement occidental ?

Les anthropologues et les ethnologues ont vite contesté l'éventuelle universalité du complexe oedipien : les moeurs éducatives et sexuelles de certaines ethnies, notamment matriarcales, ne paraissent nullement y inviter. À moins que notre conception de l'hypothèse freudienne soit trop étroite.

Les mythes freudiens, et tout particulièrement celui du complexe oedipien, sont-ils universels ? La question est fort mal posée. D'une part, nous pourrions convenir que le terme d'« universel » est une catégorie issue de la logique classificatoire aristotélicienne et qu'à ce titre elle ne peut se substituer à une catégorie descriptive comme celle de « réalité mondiale » ou de « fait international », par exemple. Il serait plus rapide et plus précis de supposer que, si l'oedipe donne à chacun ce gain d'humanité provenant du fait qu'il assume son incomplétude et son initiation aux lois du langage, alors il ouvre à chacun un accès à sa condition universelle : celle de l'humain parlant et vivant où qu'il soit.

Le débat pourtant ne peut en rester à cet idéalisme qui fait du complexe oedipien le cogito laïc de tout sujet prenant au sérieux son désir inconscient. Et, très vite, dès les années 1920, ce terme de « complexe oedipien » fut pris dans une ambiguïté redoutable qui cristall ...

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