UN CAS D'ÉCOLE : LA SERVITUDE EN TUNISIE

UN CAS D'ÉCOLE : LA SERVITUDE EN TUNISIE

Le pays, depuis deux siècles, subit des régimes autoritaires qui se nourrissent des peurs collectives et des habitudes d'obéissance. La révolution de 2011 a chassé le tyran, mais pas la tentation tyrannique.

En Tunisie, aux XIXe et XXe siècles, les êtres étaient moulés dans une obéissance héritée de la structure tribale de la société et nourrie par une crainte des pouvoirs successifs. À l'indépendance, Bourguiba cristallisa autour de lui une adhésion volontaire, qui fut de courte durée, le leader ayant viré, au fil des ans, vers népotisme et répression. Après quelques velléités démocratiques de façade, le général Ben Ali installa, à son tour, une dictature policière musclée. Telle une lave, la peur se remit à couler, enserrant la société tout entière : peur des forces de l'ordre, du voisin délateur, des geôles où l'on enfermait les islamistes.

INTERMÈDE RÉVOLUTIONNAIRE

La servitude apparente devint la moins mauvaise solution pour des êtres « tenus » par un dispositif sécuritaire aux aguets. Le calme régnait, pesant telle une chape, nourri à l'habitude d'obéir, à l'indifférence à l'égard des affaires de l'État et à une peur collect ...

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« La Filiale »,Sergueï Dovlatov, traduit du russe par Christine Zeytounian-Beloüs (éd. La Baconnière)

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