Un archaïsme novateur

Un archaïsme novateur

Puisant mots et motifs dans un lointain passé, Tolkien a pu être perçu comme un antiquaire rétif à la modernité. Il invente pourtant ainsi une langue très vive et polyphonique.

L' oeuvre de Tolkien est associée à l'idée d'archaïsme, dans le même mouvement spontané qui en fait un parangon du « médiévalisme ». Cela accroît son pouvoir de séduction, tout en l'écartant du sanctuaire de la « grande littérature » : pour y entrer, en effet, l'originalité ne suffit pas si elle n'est pas perçue comme de l'innovation et ne semble pas s'inscrire dans un mouvement historique orienté dans le bon sens (c'est-à-dire surtout pas vers le passé). C. S. Lewis vilipendait le « snobisme chronologique » qui pèse sur les jugements critiques en imposant une note a priori négative à tout ce qui incite à regarder vers l'arrière. Antimoderne convaincu, il savait qu'il identifiait là un opposant inconciliable à la reconnaissance de son entreprise d'écrivain, comme de celle de son ami Tolkien.

Cet archaïsme de Tolkien, on peut le voir partout : dans sa matière qui nous ramène tantôt dans un arrière-temps légendaire, tantôt dans une sorte de « Moyen Âge » ; dans la fact ...

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