Un amour d'enfant

Un amour d'enfant

Un bref roman de l'éternel nobélisable, en forme de clé pour pénétrer dans une oeuvre touffue, convulsive et torrentielle.

L'oeuvre de Péter Nádas intimide. Son Livre des mémoires (1986) est traduit dans le monde entier, et son nom, comparé à celui de Musil ou de Joyce, est devenu un gimmick des pronostics lors de l'attribution du Nobel. Il a fallu douze ans au Hongrois né en 1942 pour venir à bout de cette fresque convulsive (de nombreuses autres suivront) qui, au filtre des sensations intimes et sensuelles de ses protagonistes, remonte l'histoire à contre-courant, passe par Berlin coupé en deux, l'insurrection de Budapest en 1956, puis fait tournoyer ses personnages en une danse macabre dans une Europe dévastée par la démence totalitaire, la lèpre bureaucratique, les massacres et les génocides. Cet ouvrage aux intrigues entrecroisées, à la chronologie chavirée, n'est pas d'un abord facile. Aussi, La Bible, bref roman paru en 1967, pourrait servir de porte d'accès à tout l'oeuvre.

Le narrateur de ce récit aux connotations autobiographiques est un garçon des années 1950 titillé ...

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Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

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► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon